Ensemble Shoghaken

Destination l’Arménie, c’était hier soir au théâtre de la ville, avec l’ensemble Shoghaken (source de lumière), un délicieux voyage musical vers ce pays méconnu.
Fondé en 1991, il figure à la pointe d’un mouvement, né en Arménie post-soviétique, en faveur de l’usage des instruments traditionnels et d’une interprétation conforme à la tradition, et je trouve le pari réussi.
Ils interprètent un répertoire de chants hérités des ashug, troubadours, tels que Sayat Nova (XVIIIe siècle) et Gusan Sheram (XIXe-XXe siècles). Ils offrent également berceuses, chansons d’amour, chants de travail et d’exil, œuvres épiques et patriotiques de la tradition populaire.
Je suis entré directement dans le rythme, comme si j’étais familier de cette musique. La chanteuse à une voix magnifique. Je tiens à saluer l’excellente joueuse de Kanun, elle m’a vraiment impressionné par sa maîtrise de cet instrument très difficile à jouer. Le style de danse est semblable à la Dabka, on le retrouve d'ailleurs en Turquie, Irak, Syrie, Liban et Palestine. La présence d’instruments comme La lute, le Kanun et le kamantché montre l’importance des influences musicales entre les différents pays de la région.
Chose bizarre, j’avais l’impression parfois de regarder un spectacle du style : Les Folklores des Nations de l’Union, qu’on voyait à Moscou pendant l’époque soviétique ! C’est vrai qu’on a encore une vision opaque sur les cultures de ces "ex-républiques" qui ont été ensevelit voir même effacées par la pensé unique de cette époque.
Entre joie et mélancolie, je me suis régalé de cette dégustation des divers genres musicaux arméniens. Bonne continuation à ce groupe pour faire renaître et promouvoir ce merveilleux patrimoine culturel.